""

« DIEU RICHE EN MISERICORDE. »

LECLERCQ Emmanuel
CONFÉRENCE DU 29 MARS 2008
PARIS-CHARTRES
PÉLERINAGE DES ÉTUDIANTS du diocèse de Paris.
« DIEU RICHE EN MISERICORDE. »




Télécharger

CHERS PÉLERINS,

Je suis très heureux d'être parmi vous ce soir, en cette Vigile du Dimanche de la Miséricorde. Je suis heureux de venir méditer avec vous sur la Miséricorde, sur Jésus Miséricordieux. Je voudrai remercier avant tout les organisateurs du pèlerinage, qui m'ont invité. je voudrai leur exprimer ma reconnaissance, ma proximité, et mon fort attachement à ce pèlerinage. Je voudrai vous remercier, toutes et tous, pour votre accueil si chaleureux, votre enthousiasme si flamboyant, votre joie de vie si extraordinaire!Merci à vous!

Chers pèlerins, comme vous le savez, nous sommes rentrés ce soir, dans cette merveilleuse et extraordinaire fête de la Miséricorde. Quelle belle Fête!
« Très Miséricordieux Jésus, ta bonté est infinie et les trésors de ta grâce sont innombrables. J'ai une confiance sans bornes en ta miséricorde qui est par-dessus toutes tes oeuvres. Je désire propager ta miséricorde en accomplissant des oeuvres de miséricorde, quant à l'âme et quant au corps, et surtout m'efforcer de convertir des pécheurs, porter la consolation aux nécessiteux, à des malades et à des affligés. Protège-moi donc, mon Jésus, comme ta propriété et ta gloire. Bien que je tremble de peur parfois en voyant ma misère, j'ai une confiance infaillible en ta miséricorde. Que tous les gens connaissent t miséricorde, tant qu'il en est temps; qu'ils aient confiance en elle et qu'ils la louent pour l'éternité. Amen »

Quelle magnifique acte de consécration de Soeur Faustine! Soeur Faustine,(Helena Kowalska) est la troisième enfant d'une famille polonaise de 10 enfants. Né le 25 août 1905, au sein d'une famille pauvre, elle arrête l'école pour aider financièrement ses parents. Soeur Faustine étouffe pendant longtemps sa vocation car ses parents refusent qu'elle entre au couvent. Mais à la suite d'une vision du Christ, qui souffre et l'appelle, elle quitte sa famille et va travailler à Varsovie constituer sa dot religieuse. Elle entre le 1 août 1925 chez les soeurs de Notre Dame de la miséricorde et y reçoit le nom de Soeur Marie-Faustine. Soeur Faustine une vie mystique très riche et reçoit de nombreuses grâces extraordinaires, mais rien ne transparaît dans sa vie vie simple et dévouée de religieuse. Malade de la tuberculose, touchée aux poumons et aux intestins, elle vit, unie à Jésus, de grandes souffrances physiques et morales, offerte pour le Salut des pecheurs. Dieu fait de Soeur Faustine, l'Apôtre de sa Miséricorde pour le monde entier: « dans l'ancien testament, j'ai envoyé à mon peuple des prophètes ,et avec eux, la foudre. Aujourd'hui, je t'envie vers toute l'humanité avec ma Miséricorde. Je ne veux pas punir l'humanité endolorie, mais je désire la guérir en l'étreignant sur mon coeur miséricordieux ». Soeur Faustine a une union intime avec Dieu: « Secrétaire de mon plus profond mystère, ton devoir est d'écrire tout ce que je te fais connaître à propos de ma Miséricorde, au profit des âmes qui, en lisant ces écrits, seront consolées et auront le courage de s'approcher de moi ».
Quelle extraordinaire témoignage que nous livre Soeur Faustine! quelle Magnifique témoin de la Foi est-elle en ce XXI siècle! Jean Paul II l'a canonisé le 30 avril 2000. Quel extraordinaire exemple est pour nous Soeur Faustine...
Mais aussi, Quel immense exemple nous donne l'Eglise en ce XXI siècle: Jean Paul II! Soeur Faustine, Jean-Paul II, 2 témoins merveilleux en ce XXI siècle! quel immense cadeau nous donne l'Eglise!
Jean-Paul II, n'est-il pas, cet « apôtre » de la Miséricorde? Tout au long de sa vie, de son pontificat, n'a t-il pas éte un « Apôtre extraordinaire,de la miséricorde »?En effet, nous pourrions dire qu'il a été apôtre de la Miséricorde à deux niveaux: D'abord par son enseignement, à travers les documents qu'il a écrit, en particulier son encyclique Dives in Miséricordia le 30 novembre 1980, mais aussi à travers ces gestes, qui restent dans la mémoire de chacun: je pense u pardon qu'il a donné à celui qui avait commis l'attentat contre lui, et la visite qu'il lui a rendu en sa prison. Je pense aussi à la proximité qu'il a manifesté à de nombreuses reprises à tous ceux qui ont particulièrement besoin de l miséricorde Divine: les malades, les personnes agées, les personnes abandonnées...Je pense au Pape qui accueillait les pélerins pour le sacrement de la confession, instrument particulièrement significatif de la miséricorde de Dieu...
Il me semble donc que le Pape a relié les paroles et les gestes de la Miséricorde. Une miséricorde qui se manifeste aussi à travers son regard intense vers les personnes qui souffrent. Je pense à un autre exemple de miséricode: celui de la demande de pardon au cours du Grand Jubilé de L'an 2000... Oui, Jean-Paul II, par sa personne et son enseignement a rappelé à l'Eglise cette dimension fondamentale de la vie chrétienne.
Chers Pélerins, notre monde moderne ou post moderne, semble ne jamais avoir fini de chercher de nouvelles possibilités pour améliorer la vie des personnes, pour le progrès, l science, la technique, et pourtant il continue à faire l'expérience d'une grande pauvreté. Notre monde moderne, se retrouve incapable de donner sens à la Vie; Il est intérieurement divisé, poussé par la haine, la guerre et la mort, et doit retrouver la force et les raisons de vivre et d'espérer. Nous les chrétiens croyons et affirmons que l'on ne trouve ces raison et cette force que dans le coeur de Dieu. Le monde post-moderne qui fait l'expérience de sa pauvre pauvrêté a donc plus que jamais besoin d'une annonce de grâce et de miséricorde qui vient de l'extérieur. Car au dedans de lui même, ce monde ne trouve pas ses réponses. C'est donc en accueillant un mystère plus grand, qui est comuniqué gratuitement-dans la miséricorde-que le monde peut trouver le sens de son agitation. Chers Pélerins, c'est à nous même, oui, à nous même; qu'il revient d'être les « sentinelles de la miséricorde ». Le monde a besoin d'hommes miséricordieux!le monde a besoin de nous! nous devons être les missionnaires de la miséricorde! les missionnaire de l'Amour, les missionnaires de la Charité! pour aider notre prochain, celui qui frappe à notre porte, celui qui est dans le besoin...
Nous devons être les missionnaires de la Charité à l'exemple de cette Extraordinaire petite Femme, qui a su aller puiser au coeur même du Miséricordieux: Mère Thérésa de Calcutta! Quel cadeau nous donne l'Eglise, quel exemple... Mère thérésa qui nous laisse cet héritage immense, magnifique d'Amour et de Charité...Mère thérésa qui a laissé ce message extraordinaire, écrit sur le fronton de sa communauté: « J'ai soif »! Une des dernière paroles du Christ en Croix...Dans ce message, est résumé toute l'immensité du coeur de Mère Thérésa... »j'ai soif »...C'est sur la croix que nous recevons cet appel pressant à être à notre tour, miséricordieux. Bien entendu, Jésus avait soif, comme tous ceux qui se font crucifier...Les soldats ont donné une éponge vinaigrée à Jésus...Jésus soif de notre Amour. Mère Thérésa avait compri cette parole d'invitation à être à notre tour des miséricordieux...J'ai soif de votre amour, j'ai soif de votre charité, j'ai soif de votre miséricorde...MèreThérésa l' a compris: c'est en étant au service des faibles que l'on étanche la soif de Jésus...C'est en étant au service des faibles que l'on sert Dieu. C'est en étant au service des souffrants, image vivante et miséricordieuse du Christ en Croix, que l'on recoit la Miséricorde, pour qu'à notre tour, nous soyons miséricordieux. Avant d'être miséricordieux, il faut accepter de recevoir la Miséricorde, il faut accepter de se laisser « façonner » par la miséricorde. La miséricorde est un Cadeau que Dieu nous donne. Mère Théresa l'a accueilli la miséricorde, en servant dans les plus faibles, Celui qui est La Miséricorde, Celui qui est l'amour

Jésus est le premier à nous donner l'exemple d'Amour. Jésus,dis nous ce qu'est ta miséricorde, non pas ce que nous imaginons, mais ce que toi tu entends. Toi qui es la Miséricorde, qu'est ce que c'est? Pour que Jésus nous réponde, il suffit de l'écouter, d'écouter ce qu'il nous dit. Lisons donc sa Parole. Je vous propose de regarder ensemble un texte de l'Evangile Le Fils Prodigue, luc 15 V 11-32,qui nous montre Jésus pratiquant la Miséricorde.
Jésus parle en Parabole. Le Fils prodigue est une parabole merveilleuse. Vous vous rappelez la demande du plus jeune Fils: « Père donne moi la part de la fortune qui me revient », et le père lui la donne. Le père prend donc dans son bien, la part de l'héritage qui doit revenir au Fils cadet mais seulement après sa propre mort. Le cadet agit d'une façon scandaleuse, il demande du vivant de son Père, sa part d'héritage. Et à la fureur de la famille, le père la lui donne. Il prend donc sa part d'héritage, part et la dissipe.
Nous sommes habitués à nous fixer sur la miséricorde du Père. C'est vrai, elle est extraordinaire dans cette parabole: le père attend; il le voit revenir de loin, il court vers son Fils. Que fais le Père:il l'embrasse, lui fait mettre la plus belle robe « mettez lui un anneau au doigt, et les chaussures au pieds,amenez le veau gras, tuez le, mangeons et festoyons car mon Fils que voilà était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé ». Nous sommes ému par la bonté du Père, de la Miséricorde du Père. Comprenez bien que légalement, il rétablit le cadet comme héritier.
Prenez cette parabole dans le réalisme d'une situation économique. La Parabole du Fils Prodigue, c'est d'abord une histoire d'héritage. Comme vous le savez, le frère est furieux: voilà tant d'années que je te serre sans avoir trangressé un seul de tes ordres et jamais tu ne m'as donné un chevreau , pour festoyer avec mes amis; et puis ton fils que voici revient après avoir dévoré ton bien, et tu fais tuer pour lui le veaux gras... » Et le Père de répondre: « Ton frère que voilà était mort, il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé, il faut se réjouir! ».
Joie difficile de la miséricorde, ça coûte, ça coûte d'abord à Dieu. Que cela veut-il dire? Méditons sur ce Fils ainé et sa colère, une sacrée colère, colère compréhensible: c'est quelqu'un qui s'est tué à la tâche pour être fidèle, pour bien travaillé et maintenir la propriété familiale; Essayons de concrétiser ce qu'est le prix de la Miséricorde: voir la fortune familiale, grande ou petite, gaspillée, et être miséricordieux avec celui qui la gaspille...Difficile, mais nullement impossible...Nous voyons les deux logiques: la logique du frère qui est « décu » de l'attitude de son Père; et nous avons la logique de Dieu: Quelle est la logique de la miséricorde? La logique de Dieu est différente de la logique des hommes: la logique de Dieu n'est pas de punir, mais de « réconcilier ». Ce qui est notre malignité, c'est à dire notre mal, Dieu en a fait un dessein. Par le dessein bien arrêté de Dieu, notre méfaits, notre infidélité n'a pas été punies, mais Dieu a donné la vie à travers le mal que nous avons fait. Il y a donc deux logiques: celle de l'homme (du monde, la punition) et celle de Dieu qui transforme le mal commis par l'homme en source de vie. Quel est l'effet de cette logique? Nous le lisons dans les Actes des Apôtres: « Ils eurent le coeur transpercé, et dirent à Pierre et aux Apôtres: Frères, que devons nous faire? Pierre leur répondit: Repentez vous et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus pour la rémission de ses péchés et vous recevrez alors le don de l'Esprit Saint ».
Vous voyez donc ces deux logiques. Essayons enfin de comprendre quelle est la beauté de la Miséricorde: on ne s'y approche qu'en entrant dans la logique de Dieu, on n'y entre que par la porte de la conversion, on n'y entre qu'en changeant, en transformant son coeur de fer, en coeur d'Amour. Vous rappelez vous cette grande et magnifique prière de Soeur Faustine, dans laquelle elle demande à Jésus de la transformer en sa miséricorde?: « Transforme mes yeux, transforme mes oreiles, ma langue, mes mains, mes pieds, mon coeur, que tout devienne marqué, formé, transformé par ta logique et non celle du monde, par ta Miséricorde et non par la mienne, et que le prix que tu as payé pour cela, suscite en moi, une infinie confiance. Si tu as payé un tel prix pour ta miséricorde, alors la confiance est vraiment la réponse ».
Nous comprendrons alors ce qu'est la miséricorde en regardant Jésus dans l'Evangile. Regardons Jésus, prions Jésus; qu'Il fasse que notre coeur, notre intelligence comprennent vraiment ce qu'est la miséricorde, et comprennent vraiment que nous sommes appelés, à être, à notre tour des hommes et des Femmes de Miséricorde, des Miséricordieux...


Il est impossible de parler de Jésus sans parler de Marie, Sa Mère, et Notre Mère.
En effet, nous ne pouvons aller à Jésus sans passer par Marie. Dans la prière du Salve Regina, l'Eglise nous fait invoquer la vierge Marie sous le beau titre de « Mère de Miséricorde ». Quel titre Magnifique, quel extraordinaire Grâce nous offre l'Eglise en appelant Marie « Mère de Miséricorde »...Essayons de méditer sur le sens de cette invocation.
Bien entendu la Vierge Marie a plus d'un titre, et vraiment l'une des grandes portes d'entrée dans la Miséricorde Divine. Elle peut nous aider d'une manière très particulière à comprendre ce qu'est la Miséricorde. Elle est vraiment Celle par qui nous pouvons reconnaître la Miséricorde.
Pour présenter Marie, Mère de Miséricorde, je me fonderai essentiellement sur l'Encyclique du St Père « Dieu, riche en Miséricorde », écrite en 1980. Ce document reflète l'enseignement de Soeur Faustine. La Miséricorde, c'est d'avoir comme le dit l'étymologie du terme, le coeur touché par la misère des autres et le Pape le précise: « cet amour miséricordieux se manifeste surtout au contact du mal physique et moral » (n°9). La miséricorde est donc la compassion devant toute souffrance, toute épreuve, mais aussi devant le péché et les destructions qu'il entraine. C'est d'ailleurs dans ce n°9 de l'encyclique, que l'on trouve tout un développement sur Marie, Mère de Miséricorde.
Je crois que Marie a cette compassion pour toute souffranc, physique, morale, d'abord comme Mère. Nous savons en effet, que les mères ont, par nature, une tendresse, une compassion spontanée, pour ceux qui souffrent et pour ceux qui, d'une manière ou d'une autre, sont blessés par le mal. L'Etre humain pour accueillir une mère en tant que mère, doit accepter sa tendresse maternelle, l'amour miséricordieux dont elle fait généralement preuve.
Comme le souligne si bien JP II, l'Amour miséricordieux en Marie, « se fonde sur le tact particulier de son coeur maternel, sur sa sensibilité particulière, sur sa capacité particulière, de rejoindre tous ceux qui acceptent plus facilement l'Amour miséricordieux dela part d'une Mère »(n°9). En effet, la Vierge Marie, dans son extrême sensibilité, dans l'intégrité admirable à la fois de sa nature humaine et de la grâce, a une maternelle compassion pour toute souffrance, pour tout mal physique et moral.
La Constitution du Concile Vatican II sur l'Eglise, insiste sur l'intercession de Marie, son amour maternel qui se rend toujours présent: « dans sa charité maternelle, elle s'occupe, jusqu'à ce qu'ils soient parvenus, à la félicité de la patrie, des frères de son Fils qui sont encore des pélerins et qui sont en butte aux dangers et aux misères ».(Concile Vat II, Constitution sur l'Eglise n° 62). En effet, l'un des Aspects de laMiséricorde, de la compassion de Dieu, de Jésus, de Marie, est de préparer et de nous ouvrir au bonheur éternel.

Il y a une une raison pour laquelle Marie est Miséricordieuse, et Mère de Miséricorde: sans mérite de sa part même si après, par toute sa vie et sa souffrance, elle a comme mérité de correspondre de correspondre à cette Miséricorde, elle est, en quelque sorte la première à avoir été, de manière extraordinaire « miséricordiée »...
Rappelons nous de l'Annonciation: Marie est toute bouleversée par l'annonce de l'ange lui apprenant qu'elle va devenir la Mère du Sauveur. Le monde nouveau qui s'ouvre avec le mystère de l'Incarnation, commence par cette ouverture du coeur miséricordieux de Marie, qui découvre à quel point elle est aimée de Dieu, elle est aimée du Père, privilégiée de son immense miséricorde.
De plus, dans la prière du Magnificat, chantée par la Vierge Marie lors de sa visite à sa cousine Elisabeth, Marie, proclame que la miséricorde de Dieu s'étend de générations en génération. Cette Miséricorde infinie dont elle a été gratiée, la rend désireuse de partager la Miséricorde.
Pour être miséricordieux, il faut avoir éprouvé à soi-même d'être « miséricordié ». En ce sens, accueillir la Miséricorde, l'éprouver pour soi-même est la source du dynamisme et d'appel évangélique, d'annonce missionnaire de la Miséricorde. Chers Pélerins, nous devons être des Missionnaires de la Miséricorde! C'est lorsque l'on soi-même éprouvé la Miséricorde de Dieu et que, par conséquent, notre coeur s'est ouvert à la misère , au contact du mal physique et moral, que l'on désire faire connaître la Miséricorde. Marie est la Mère de Celui qui est Miséricorde.
Oui, « Personne autant que Marie, n'a accueilli aussi profondément dans son coeur ce Mystère: mystère divin de la Rédemption qui se réalisa sur le Calvaire par la mort de son Fils, accompagné par le sacrifice de son coeur de Mère, de son « fiat » définitif.
Marie est donc celle qui connaît au plus profondément le Mystère de la Miséricorde divine. Elle en sait e prix, et sait combien il est grand. En ce sens, nous l'appelons Mère de la Miséricorde: Notre Dame de Miséricorde, ou Mère de la Divine Miséricorde. En chacun de ses titres, il y a une signification théologique profonde, parce qu'ils expriment la préparation particulière de son âme, de toute sa personne, qui la rend capable de découvrir d'abord à travers les évènements complexes d'Israel, puis à travers ceux qui concernent tout homme et toute l'humanité cette Miséricorde à laquelle tous participent « de génération en génération, selon le dessein éternel de la Sainte Trinité »(D. M n°9).
Marie à la Croix participe extrêmement profondément et vitalement à cette révélation de la Miséricorde; en recevant avec St Jean comme fils, tout homme, Elle est la porte de la Miséricorde. Elle connaît plus que quiconque l'ampleur, la profondeur du mystère du mal, du péché et de la faute pour lesquels Jésus meurt et souffre et, en même temps, Elle est celle qui le mieux, peut ouvrir le coeur de l'homme à l Miséricorde de Dieu.
Certains d'entre vous, ont peut-être vu le film de Mel Gibson; Il y a une très belle scène: celle où St Pierre, après son reniement, vient se jeter aux pieds de Marie. Elle est vraiment celle qui permet, qui ouvre le coeur à la Miséricorde. La Vierge Marie, à la Croix,dans sa compassion, a une soif brûlante que tout homme puise aux trésors infinis de la Miséricorde de Dieu, à la source inépuisable de la Miséricorde du Christ, son coeur ouvert.
La Vierge Marie, a le désir, comme l'exprime St Paul à propos du mystère du Père, que tout homme soit sauvé. Elle a, encore une fois, profondément éprouvé en elle-même la souffrance que nécéssite le Salut, et que cause le refus du Saalut. Il est frappant de voir combien les foules, dans tous les grands sanctuaires mariaux, sont attirées comme si elles sentaient d'instinct cette compassion de Marie pour toute les souffrances, cette tendresse de Marie pour tous ses enfants qui souffrent.
Marie est donc Mère de Miséricorde, non seulement, parce qu'elle est la première graciée et de manière unique;et que comme telle, elle sait et veut attirer tout homme à la Miséricorde, mais elle l'est au plus haut point à la croix, comme celle qui peut ouvrir les coeurs à la Miséricorde de Dieu et à la compassion pour la souffrance, la misère des autres.
Nous avons donc à demander par Marie, dans cette adoration qui va suivre, que nos coeurs de pierre deviennent des coeurs de chairs, c'est à dire sensible, vraiment à toute souffrance et en particulier au mystère du mal qu'il y a dans le péché.

Tournons nous donc vers Marie, car Marie ouvre le coeur des hommes à la Miséricorde de Dieu. En effet, il me semble que la Compassion de Marie est toujours présente dans l'histoire des hommes. Le Pape nous rappelle, en citant le Concile, que Marie continue de manifester sa tendresse à l'égard des hommes. Son Amour ne cesse pas et grâce à elle, Dieu continue de manisfester sa Miséricorde dans l'histoire de l'Eglise et de l'humanité: « sa miséricorde s'étend d'âge en âge ».
Ce trait est particulièrement frappant dans les diverses apparitions mariales. Les apparitions qui sont reconnues par l'Eglise depuis un siècle ou deux, viennent toutes de la compassion de Marie pour l'humanité blessée par le péché, la guerre ou les épreuves diverses. Marie essaye tout au long de l'histoire et peut-être davantage, en ces temps derniers, d'attirer les hommes à la Miséricorde de Dieu, en les appelant d'ailleurs à la repentance. Car la Miséricorde, n'est pas la négation de l'injustice, du mensonge.
La Pape écrit que le pardon demande l'accomplissement de la justice, de la réparation: ce n'est pas simplement faire comme s'il n'y avait rien eu. Marie invite donc ses enfants à la conversion, à revenir à la Miséricorde pour accueillir la Miséricorde: « Le Christ souligne avec insistance la nécessité de pardonner aux autres: lorsque Pierre lui demande combien de fois, il devrait pardonner à son prochains, il devrait pardonner à son prochain, il lui indique le chiffre symbolique de 77 fois, voulant lui montrer ainsi qu'il devrait savoir pardonner à tous et toujours. Il est évident qu'une exigence aussi généreuse de pardon, n'annule pas les exigences objectives de la justice. La justice bien comprise constitue pour ainsi dire le but du pardon. Dans aucun message du message évangélique, le pardon, ni même la miséricorde qui en est la source, ne signifient l'indulgence envers le mal, envers le scandale, envers le tort causé ou les offenses. En chaque cas, la réparation du mal et du scandale, le dédomagement du tort causé, la satisfaction de l'offense sont condition du pardon ».(D.M n° 14).
La Vierge Marie, nous demande donc de réparer les torts que nous avons pu faire, la réparation et la repentance étant une forme d'exercice de la Miséricorde qui nous rend capables d'accueillir la Miséricorde en tout.

Chers Pélerins, Nous devons annoncer la Miséricorde! C'est un appel pressant! Nous n'avons pas besoin de beaucoup de réflexions pour savoir combien il existe autour de nous et dans notre monde, des souffrances de tous ordres, physiques e morales, personnelles ou collectives. C'est pourquoi, notre temps à un besoin urgent de découvrir la Miséricorde. C'est un devoir que nous avons! c'est un de voir de chrétiens. Soeur Faustine, le Pape Jean-Paul II, nous font entendre cet appel pressant de recourir à la Miséricorde, à la miséricordieuse tendresse de Dieu pour les hommes. Comme le lançait JP II dans son homélie le 18 aout 2004 à Cracovie: « L'heure est venue de faire parvenir le message du Christ,à tous; en particulier à ceux dont l'humanité et la dignité semblent se perdre dans le mystère d'iniquité ».

Chers Pélerins, il ne faut pas se cacher les yeux, ni se boucher les oreilles! il y a comme une surdité, une non acceptation de la Miséricorde que Dieu propose à l'humanité. C'est pourquoi, devant cette surdité, je pense que Marie nous est donnée pour nous permettre d'entendre le cri de la Miséricorde qui appelle ses enfants.
Chers Pélerin, durant ce pélerinage, et après bien-entendu, comme Jean l'Apôtre bien-aimé,acceptons de prendre pour nous, avec nous, Marie Mère de Miséricorde. Demandons à la Vierge Marie de nous entrainer dans la compréhension du mystère de l'Amour Infini du Père Miséricordieux, en Jésus, pour tout homme, pour tout l'homme. N'ayons pas peur de laisser Dieu nous faire Miséricorde pour qu'ayant été «miséricordiés », nous puissions à notre tour être témoins et artisan de Miséricorde dans le monde!

N'ayons pas peur d'être en ce monde les sentinelles de la Miséricorde!N'ayons pas peur d'aimer et de nous laisser aimer par le Christ! comme le proclame Benoit XVI, »donne tout et n'enlève rien »!
Allons adorons maintenant Celui qui s'est fait Chair, Celui qui est par excellence la Miséricorde!
Présentons nous humblement devant la Miséricorde!

Pour terminer cette méditation, je voudrai laisser la parole à St Augustin, commentant l'épisode en Jean 8 de la femme adultère. (lecture de la femme adultère).

St Augustin commente cette scène en une extraordinaire phrase: « les misérables étant partis, la misère s'est retrouver seul devant la Miséricorde »

Chers Pélerins, avançons nous et présentons nous devant Jésus. Présentons nous tels que nous sommes, avec nos misères, c'est à dire nos faiblesses, nos péchés...Présentons à Jésus nos misères, et laissons le nous envahir par sa Miséricorde. Comme l'affirme St Paul, « c'est là ou le péché abonde que la grâce surabonde »!Oui, retrouvons nous seul devant celui qui est Miséricorde,Le Christ crie sa soif, alors adorons le, abreuvons le par notre amour, laissons le nous envahir par sa Miséricorde, pour qu'à notre tour, nous soyons en ce III millénaire, des hommes et des femmes de miséricorde, que nous soyons en ce XXI siècle, des sentinelles de la Miséricorde, que nous soyons des miséricordieux! Soyons en ce monde des Lumières de la Miséricorde, des lumières de Miséricorde, pour éclairer le chemin des personnes que nous croiserons. Notre lampe ne s'éteindra jamais, si nous allons régulièrement à la source de Celui est Miséricorde!
Le monde a besoin de nous alors marchons avec Marie, Mère de Miséricorde, sur le chemin de la Sainteté, sur le chemin de la Miséricorde avec

COURAGE CONFIANCE AMOUR ESPERANCE !


remonter